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Juste Erika

Princess Erika / 2011

Au départ, il y a une chanteuse. Une artiste. Auteur-compositeur-interprète. (Qui en plus fait du cinéma, de la télé, du théâtre et tient un feuilleton littéraire sur un site
panafricain). Une chanteuse à tubes. Populaire et branchée. Une chanteuse qui en 2007 a toujours envie de chanter mais plus nécessairement de "sortir" un disque.
C'est là que débarque Mariano Beuve. Quasi quinca à longs dread-locks. Producteur d'albums de rap mythiques (Ministère AMER). Dénicheur de talents en germes (Doc
Gynéco, Assia). Réalisateur de tubes (G-Squad, le duo Axelle Red/Youssou Ndour). Il toque chez "Princess". Elle le connaît de nom. Sa réputation n'est pas catastrophique,
mais pas rassurante non plus : Mariano serait aussi rigoureux en musique qu'artiste en comptabilité… Plus passionné par le son, les instruments et les accessoires que par
les bilans et les dates de rendus… Pire : il ne finirait jamais ce qu'il entreprend.
Comment résister quand on aime triompher dans l'adversité ?
Au bout de deux séances de travail, "Princess" est rassurée : Mariano sait. Il sait la musique. Il sait s'effacer. Arranger. S'arranger. Il sait, puisqu'il le dit, qu'il faut que ce
soit "grand", sinon c'est pas la peine… Il sait qu'il faudra : du rock ("Toute la semaine", sa guitare rugueuse, grasse et entêtante) ; du blues ("Non je ne vais pas pleurer",
feat Marjorie Savino et sa voix claire) ; du guitare-voix ("Juste Erika", où pour la première fois elle cède la plume)… Et du reggae. Beaucoup. Un peu partout à vrai dire.
Dans les ondulations rythmiques de "Tourne" (et ses choeurs Pointer Sisters). Dans l'orgue endiablé du premier single "On s'en va". Dans l'orthodoxie de "Jah Guide",
d'"Ouvre les yeux". Dans celle d'"Amigo", sweet adaptation du standard années 80 de Black Slate qui, aujourd'hui encore, n'importe où dans les Caraïbes et en Afrique
continue de faire danser. Jusqu'à "Black music" et ses reflets soulants, son "skank" ensoleillé…
Mariano ne voulait pas faire un album de RN'B avec une gamine. Il fait un disque avec une femme. Une femme de quarante ans. Noire. Française (et Camerounaise aussi).
Avec des copines poétiques comme Nina Morato ("Maman, maman"), des soeurs hautes en couleurs et un petit savoir-faire dans le business. Toujours fresh, qu'il vente ou
neige.
Deux années de travail dans le studio dingue de Mariano. Au milieu de ses affreux chats sans poil. Avec son grand écran blanc. Ses ordis toujours branchés sur des sites
de guitares.
Ils étaient presque prêts. Les premiers mixs sortaient.
Et puis un petit matin d'octobre 2009, alors qu'il se rendait à pied à son studio, en pleine rue, Mariano Beuve est tombé. Mort. Comme ça. Lui qui ne fumait pas, ne buvait
pas…
Comment résister quand on aime triompher dans l'adversité ?
Quoi qu'elle ait pu en dire alors, Erika a toujours su qu'elle irait au bout. Malgré tout. Malgré la douleur. Malgré les ayants droits paralyseurs, les soi disant amis de la
musique et de Mariano. Malgré ceux qui veulent juste faire chier… Les rats que le navire pour voguer doit laisser à quai.
"On s'en va / Sans souci du lendemain / On s'en va / Pour le reste, on verra bien / On s'en va / Sans regret et sans chagrin. Aller simple, simplement bien".
Ado, au début des années 90, au lieu d'aller en cours, Khalil Maouène allait en studio. Chez… Mariano ! Musicien, c'est là-bas qu'il poussa ses premiers boutons, émit ses
premières remarques sur un arrangement, la position d'une voix ou d'un piano (Stevie Wonder et Michael Jackson sont pour lui des saints patrons). Depuis, il a fait son
chemin. Le disque de sa chercheuse d'or de soeur Assia. Celui de Julien Clerc. Comble du bon goût, c'est un type bien. De Princess Erika, il connaît la musique et la qualité
des textes. Respecte la voix, l'expérience et les tubes. Il la voit comme Mariano : artistiquement exigeante, sûre de ses choix et rigoureuse dans le travail. Le prix à payer
pour survivre à toutes les vagues et courants depuis plus de vingt ans. Les musiciens se reconnaissent. Ils se sont vus lors de l'enterrement de Mariano.
Ça a été tout de suite évident. Évident que la seule personne qui puisse faire mieux que finir le boulot de Mariano, c'était lui, Khalil. Le seul capable de transformer l'essai.
Il a la jeunesse, la culture musicale, l'humilité et l'orgueil. Capable de "reconnaitre" une grande chanson de variété avant de la doper. De convaincre Erika que le côté club
de "Party time" est à accentuer. Qu'il faut dancehalliser "Insomnie". Symphoniser jusqu'à l'orgue Hammond, "Non je ne vais pas pleurer", comme dans les grands live
d'antan. Chambouler à l'en rendre latino "Dans la maison de mon père".
Le temps de réunir les fonds (big up énorme à Laurence Guy-Lentin et Frédérique Guégan, les copines qui ont investi !) et de monter une structure de production. Pour
elle. De réunir son team de musiciens et de sélectionner l'idoine "ingé-son". Pour lui. Une vingtaine de jours au Studio Davout. Fin 2010, tout est prêt.

Pistes

1. Tourne
2. Amigo (Donne-moi des news)
3. Dans la maison de mon père (feat. Nina Morato)
4. Perdue
5. Toute la semaine
6. Black Music
7. On s'en va
8. Non je ne vais pas pleurer (feat. Marjorie Savino)
9. Jah Guide
10. Party Time
11. Juste Erika
12. Ouvre les yeux (feat. Malik Fahim)
13. Insomnie (Remix)

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Vos commentaires

C'est donc pour cette raison qu'elle en parle autant ... bel esprit ... - Geraldine

Le jour des obsèques de Mariano elle a dit que cette mort allait lui servir... - xxxxx